Une première dans le bassin sédimentaire ivoirien : huit CPP signés avec Petrobras

Une première dans le bassin sédimentaire ivoirien : huit CPP signés avec Petrobras

La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans l’exploration de son bassin sédimentaire. L’État ivoirien, PETROCI et le groupe brésilien Petrobras ont signé huit Contrats de Partage de Production (CPP) portant sur les blocs CI-513, CI-600, CI-601, CI-602, CI-603, CI-605, CI-701 et CI-702. Une première dans l’histoire pétrolière ivoirienne avec l’attribution simultanée de huit blocs à un même opérateur.



Cette signature porte à 75 % le taux d’occupation du bassin sédimentaire national, soit environ 63 000 km² couverts par des activités d’exploration, d’évaluation et de production. Les blocs concernés, situés dans la partie occidentale du bassin, présentent des profondeurs d’eau pouvant atteindre 4 000 mètres, dans une zone encore peu explorée mais présentant un potentiel géologique reconnu.

L’arrivée de Petrobras en Côte d’Ivoire est également l’aboutissement d’un travail engagé en amont par le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie. En mars 2025, lors de la tournée américaine du ministre Sangafowa-Coulibaly et de sa participation à CERAWeek, à Houston, une démarche de promotion du bassin sédimentaire ivoirien avait été menée auprès des acteurs internationaux du secteur. Cette démarche a contribué à susciter l’intérêt de Petrobras, qui a officiellement manifesté son intérêt pour les huit blocs concernés le 30 mai 2025.

Pour le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Sangafowa-Coulibaly, cette opération revêt un caractère historique. « Huit contrats de partage de production signés en une seule journée, avec un même opérateur. C’est une première dans l’histoire du bassin sédimentaire », a-t-il souligné. Il y voit également l’ouverture d’« une nouvelle page dans la coopération entre la Côte d’Ivoire et le Brésil ».

De son côté, le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a salué une « opération majeure », rappelant que l’intérêt de Petrobras pour le bassin ivoirien, exprimé en 2025, s’est concrétisé 18 mois plus tard par la signature de ces huit contrats.

Cette entrée de Petrobras constitue par ailleurs une première pour le groupe brésilien en Côte d’Ivoire. Compagnie pétrolière nationale du Brésil et géant mondial de l’énergie, Petrobras apporte à ce partenariat son expérience dans l’exploration et la production en eaux profondes et ultra-profondes. Les blocs concernés, situés dans des zones offshore complexes, présentent des caractéristiques pour lesquelles cette expertise constitue un atout.


Dans le cadre des contrats, la première phase des travaux sera consacrée à l’acquisition de nouvelles données géologiques et géophysiques, préalable aux futurs forages d’exploration. Pour Fatoumata Sanogo, directrice générale de PETROCI Holding, cette coopération doit permettre d’« approfondir la connaissance du bassin, d’en révéler le potentiel et de transformer le résultat de l’exploration en valeur durable pour notre pays ».


Pour sa part, Sylvia Maria Couto Dos Anjos, directrice d’exploitation et de production de Petrobras, a indiqué que les huit blocs représentent 34 000 km² de superficie d’exploration. Petrobras interviendra comme opérateur avec une participation de 90 % et entend apporter son expérience, ses connaissances et ses technologies, notamment dans l’exploration et la production en eaux profondes.

Au-delà de l’exploration, les autorités ivoiriennes attendent des retombées en matière de contenu local, de transfert de compétences et de création d’emplois. PETROCI entend notamment renforcer les capacités de ses équipes grâce au transfert de connaissances et de technologies.

Avec ces huit CPP, la Côte d’Ivoire poursuit ainsi l’exploration de zones encore peu connues de son bassin sédimentaire, tout en renforçant son partenariat avec un géant mondial du pétrole et en ouvrant un nouveau chapitre de sa coopération avec le Brésil.

 

Articles