Développement minier en Côte d'Ivoire : Sangafowa-Coulibaly s'inspire du succès du Botswana
Alors que l’effervescence gagne le secteur extractif ivoirien, portée par une succession de découvertes aurifères et pétrolières majeures, Abidjan regarde déjà au-delà de la seule phase d’exploitation. La priorité affichée n’est plus uniquement de produire, mais de bâtir une gouvernance capable de transformer durablement les ressources naturelles en levier de développement.
C’est dans cette optique que le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a entamé le 16 février une mission de travail à Gaborone. Le choix du Botswana n’a rien d’anodin : le pays est régulièrement cité parmi les références mondiales pour la gestion stratégique de ses ressources minières.
« La Côte d’Ivoire a la chance de découvrir longtemps après les autres pays africains la richesse de son sous-sol. Cela lui donne l’avantage de tirer les leçons de leurs expériences et de ne pas reproduire les mêmes erreurs », rappelle régulièrement le ministre ivoirien.
À l’entame de sa mission de trois jours, Sangafowa-Coulibaly a salué devant son homologue botswanaise, Bogolo Joy Kenewendo, un modèle qu’il considère comme exemplaire.
« Vous avez su transformer vos ressources minières, notamment le diamant, en un levier de développement économique et social (…) Les revenus tirés de l’exploitation ont permis de bâtir des infrastructures et d’améliorer la vie de vos concitoyens. C’est une réussite que nous admirons sincèrement », a-t-il déclaré.
L’objectif ivoirien est explicite : comprendre les mécanismes ayant permis au Botswana d’attirer les investisseurs tout en protégeant ses intérêts nationaux, négocier des contrats équilibrés, assurer une traçabilité efficace des ressources et une gouvernance transparente citée en modèle.
La ministre botswanaise a salué cette initiative, y voyant l’opportunité de faire des secteurs minier et énergétique le socle d’un partenariat bilatéral renforcé, illustrant une coopération Sud-Sud appelée à prendre davantage d’ampleur.
« Nous savons que la découverte n’est que la première étape »
Pour Mamadou Sangafowa Coulibaly, la véritable réussite d’un secteur extractif ne se mesure pas uniquement au volume des découvertes, mais à sa capacité à générer une dynamique économique endogène.
« La découverte n’est que la première étape ; la transformation, la gestion et la valorisation durable de ces ressources sont les véritables défis », a-t-il insisté lors de sa rencontre avec son homologue. La Côte d’Ivoire traverse actuellement une phase particulièrement dynamique, marquée par d’importantes découvertes dans l’or et les hydrocarbures. Mais pour les autorités ivoiriennes, l’enjeu consiste désormais à ancrer localement la création de valeur, développer le contenu local et structurer un écosystème industriel capable de soutenir la croissance sur le long terme.
Visite terrain à Jwaneng Mine, la bien nommée “King of Mine”
Souhaitant observer concrètement les ressorts du modèle botswanais, le ministre ivoirien a effectué le 17 février une visite de terrain à la mine de Jwaneng, située à deux heures de Gaborone. Surnommée « King of Mine » depuis son ouverture en 1982, elle figure parmi les exploitations diamantifères les plus riches au monde.
Entièrement opérée par des compétences nationales, il constitue l’illustration concrète d’une politique de contenu local menée sur plusieurs décennies.
« Au cours des cinquante dernières années, nous avons acquis une expertise importante dans le domaine minier. Nous avons même créé une entité dédiée à la promotion de ces compétences à l’international », a expliqué Goitseone Gadifelen, directeur général de la mine, évoquant la volonté du Botswana de partager son savoir-faire.
Au-delà de la performance industrielle, l’impact économique de Jwaneng s’inscrit dans la durée : infrastructures, santé, éducation, formation technique et développement des communautés locales ont été profondément transformés par les revenus générés par l’exploitation diamantifère.
« Le Botswana me laisse une bonne impression et montre comment les ressources minières, bien gouvernées, peuvent durablement impacter une économie. Les infrastructures, la santé, l’éducation, la formation des élites, tout a été développé avec le diamant, et c’est que nous voulons voir se concrétiser en Côte d’Ivoire », a indiqué à la presse le ministre Sangafowa-Coulibaly à l’issue de cette visite.
Au-delà des échanges institutionnels, cette mission devrait marquer le début d’un rapprochement structurant entre deux économies aux trajectoires complémentaires : l’une forte d’une longue expérience de gouvernance minière réussie, l’autre entrant dans un nouveau cycle extractif majeur. Un rapprochement qui devrait s’accélérer : Le Botswana a été solennellement désigné comme pays à l’honneur à la deuxième édition du Salon International des Ressources Extractives et Énergétiques (SIREXE) qui se tiendra du 18 au 22 novembre 2026 à Abidjan en Côte d’Ivoire.
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